Edou : un nouvel album et une grande tournée
Le «Petit Prince» de Lifou sera en concert les 25, 26 et 27 juin au Centre culturel Tjibaou
Edou a fait découvrir les titres de son nouvel album «Macetro» au cours de la deuxième édition du festival Cebu Nyebi, qui a attiré fin mai près de 7000 personnes au stade Tiéti de Poindimié. Ce fut l’occasion pour lui de retrouver son public, mais aussi de se produire en présence des musiciens et chanteurs qui ont participé à cet album prévu pour sortir en juin au studio Mangrove.
Edou a à son actif 4 albums solo et 5 albums avec le groupe Mexem. Chacun des précédents disques de ce jeune interprète auteur compositeur avaient été synonyme de rencontre et de partage avec d’autres cultures, d’autres musiciens, qu’ils soient d’Afrique du Sud, de Papouasie ou encore de Nouvelle Zélande. «Macetro», qui signifie «être ensemble, partir ensemble», reste dans cet esprit qui fait d’Edou un chantre de la culture océanienne qui veut dépasser les barrières pouvant se dresser entre les peuples.
Pour l’accompagner dans cet album, il a fait appel à des chanteurs parmi les plus prestigieux du Pacifique : Vanessa Quai (Vanuatu), Jim Ratussila du groupe Black Rose (Fiji), Aquila Qumi et Sailasa Tora (Fiji). Il a réunit des musiciens et de techniciens qui pour la plupart travaillent avec lui depuis plusieurs années : Jean-Luc Marengo (Guitare solo), Wax (Guitare rythmique), Joe Qenenoj (Clavier), Sassal (Chœur)… Mais aussi quelques nouveaux et non des moindres : Gaël Chosson (Batterie), Toko (Basse), Stéphane Hervé (Son), venus du groupe métropolitain «Mister Gang» et qui seront avec lui sur scène pour les concerts de sa tournée en juin.
Edou nous délivre une musique qui intègre les rythmes du Pacifique, les chants populaires traditionnels qui lui sont chers, et opère la fusion entre le reggae et la saoul music.
Concernant ses goûts musicaux, outre les influences océaniennes, il dit avoir «une écoute assez large», il parle de l’Afrique et de l’Amérique latine, il cite le groupe Toto, Stevie Wonder, Bob Marley… et avoue s’intéresser aussi à la musique classique et apprécier un chanteur comme Luciano Pavarotti. Ses textes sont emprunts d’une philosophie positive qui pose «la question de l’identité», affirme la nécessité d’un «destin commun», d’un avenir «à construire ensemble», de «solutions à trouver pour avancer» au delà des différences ethniques et idéologiques.
Parmi ses projets, il aimerait pouvoir s’installer définitivement à Lifou, dont il est originaire, monter un studio d’enregistrement et œuvrer pour préserver les contes de son pays, les recenser, les traduire, les mettre en musique et reconstituer l’environnement sonores de ces terres de légendes.
Il souhaite composer des «spectacles vivants» faits de bruits, de sonorités, de musiques, de chants et de danses, afin de mettre en valeur le patrimoine culturel des îles. Il veut y faire participer les enfants, les écoles et réunir des conteurs venus de chaque pays, du Nord au Sud. Il souhaite enfin continuer à créer de la musique, et écrire pour d’autres artistes, et insiste sur l’importance de la constitution d’une Société des auteurs compositeurs de Nouvelle Calédonie, afin de leur permettre de mieux vivre de leur activité artistique.
Vous pourrez retrouver Edou lors de sa tournée à Fidji, au Vanuatu et en Nouvelle Calédonie, qui s’achève par trois concerts les 25, 26 et 27 juin au Centre culturel Tjibaou, Salle Sisia.
(Fabien Perez © Entretien réalisé en Mai 2004)



























